Après le suicide de ma maman en avril 2019 et le décès de mon frère Tim en janvier 2021, mon petit frère Carl a pris la décision de s’envoler pour les rejoindre ce mardi 29 juin 2021.

Ma douleur est indicible.

Carl n’était pas qu’un enfant âgé de 12 ans, ni uniquement mon plus jeune petit frère.

Il n’était pas non plus qu’un oncle pour ma fille âgée de 6 ans, il était son grand frère de cœur, son repère à chaque heure.

Carl était cet enfant qui n’avait pas besoin d’être mon fils pour que je l’aime tout autant, et pour lui, j’aurais donné plus que ma propre vie.

Je m’appelle Steffy, je suis âgée de 24 ans et je suis l’ainée d’une fratrie de quatre enfants. A l’heure où j’écris ce texte seul mon petit frère Peter demeure de son vivant. Il est âgé de 23 ans, et il vit aux États-Unis où, depuis plusieurs années, il construit sa vie. Actuellement en demande de visa, il ne peut pas rentrer en France mais le téléphone est là, et nous ne nous quittons pas.

L’histoire de nos vies se résume aux mains qui nous ont été tendues, à chaque épreuve et évènement survenus. Je pense à Carl qui adorait chanter

« y’a pas que les gènes qui font les familles, des humains qui s’aiment suffisent »

Et, une nouvelle fois, j’appelle à l’aide…

Pour que les volontés de notre plus jeune frère Carl soient respectées,

Pour que sa mémoire vive dans les pensées.

Discrétion, pudeur, et honte entremêlées, j’ai longuement hésité avant de m’exprimer.

Depuis 2 ans, je garde le silence, et je réalise petit à petit que désormais je n’aurai plus à protéger son enfance. Carl étant décédé, je ne crains pas les possibles retombées.

L’historique familial est trop lourd pour tenir en cette page alors je m’en tiendrai à ce dont j’ai été le premier témoin ces deux dernières années.

Au regard des souhaits de Carl, après le décès de notre maman et depuis le mois de mai 2019, le tribunal des enfants de Marseille m’a désignée tiers digne de confiance. Depuis cette date, auprès de ma fille et moi, Carl vivait, grandissait… Transfusé d’amour, d’affection, de bonheur partagé, c’est au quotidien que mes proches et moi-même l’avons accompagné.

Malgré cela, Carl a passé ces deux dernières années dans les couloirs des tribunaux, en première instance et devant la cour d’appel, à crier ses maux. Il exprimait une vive souffrance à l’égard de notre père, déjà présente du vivant de notre maman. Entendu par la justice, celle-ci avait réduit ses droits, de manière à ce qu’au 8 juin dernier, le juge des enfants n’ouvre à notre père qu’un droit de correspondance médiatisé.

Carl avait un suivi psychologique, il avait une avocate et une éducatrice. Bon nombre de professionnels l’ont accompagné pendant ces deux années, et en ce qui me concerne je n’ai rien à leur reprocher. Ils ont tout fait pour l’aider.

Personne ne peut rien contre l’acharnement d’un père, et c’est envers ce dernier, que pour Carl, j’ai dû, une dernière bataille, mener.

Au décès de Carl, en dépit de l’existence d’un double permis d’inhumer, notre père n’a pas entendu agir en paix.

Après une audience devant le juge des funérailles de Marseille, le jeudi 8 juillet, la justice m’a désignée comme « la personne la mieux qualifiée pour décider des modalités des funérailles de Carl », motivant que « la requérante », moi-même, « prenait depuis plus de deux ans soin de son frère comme une mère de substitution, la mère des enfants étant décédée », établissant que cela « justifie de la qualité et de la profondeur des liens » qui m’« unissaient » à mon « frère ».

Que « si le père est juridiquement détenteur de l’autorité parentale, celle-ci avait été singulièrement amoindrie dans les faits, et ce en raison du refus réitéré de Carl (…) de voir son père ».

Le lendemain, vendredi 9 juillet, Carl a été inhumé, selon ses dernières volontés.

Par pudeur, respect, je ne souhaite pas faire l’exposé des détails justifiant une somme si élevée. Je peux simplement vous dire que Carl souhaitait reposer auprès de notre maman, et que cela induit de nombreux frais, dont notamment le coût d’un caveau avec la marbrerie et l’exhumation de notre maman, en plus des obsèques en elles-mêmes.

Alors merci,

Merci à ceux et celles qui entendront, répondront à  mon appel,

Merci à ceux et celles qui comprendront l’intérêt de cette cagnotte mise en place par les pompes funèbres pour m’aider à assumer l’intégralité des frais inhérents au décès et aux obsèques.

Et pour l’avenir…

Merci à ceux et celles qui me donneront raison de croire que je n’avais pas tort de dire à Carl « garde espoir ».

Si l’on ne peut rien contre le fait que la vie lui a été cruelle, rien ne changera jamais ce que sa mémoire est belle.

Rendons-la éternelle.

« Là où c’est toujours matin,

Là où c’est toujours serein.

Tu as quitté nos ombres,

Nos souffrances et nos peines.

Tu as pris de l’avance

Au pays de la Vie.

Je fleurirai mon cœur

En souvenir de toi,

Là où tu vis en moi,

Là où je vis pour toi.

Et je vivrai deux fois… »

Sa grande-sœur Steffy

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